Les Osismes

Une peuplade gauloise du bout du monde...

Qui étaient-ils vraiment ?

Les Osismes étaient un peuple gaulois vivant à l’ouest de la péninsule Armoricaine. Agriclulteurs, pêcheurs, éleveurs, commerçants, mineurs, guerriers... ils partagent le territoire de la future Bretagne avec quatre autres peuples : les Vénètes, les Coriosolites et les Riédones et les Namnètes.

Le peuple Osisme est mentionné par le voyageur grec Pythéas sous la forme Ostimioi (Ὠστιμίων) puis par Strabon, géographe romain du 1er siècle avant n.-è. Par la suite, les Osismes apparaissent dans la Guerre des Gaules relatée par César. Selon ce dernier, ils auraient pris part à la révolte des Vénètes, écrasée en -56 par l’armée romaine au cours d’une bataille navale au large de Quiberon, à l'entrée du Golfe du Morbihan. Ils faisaient également partie, avec les Coriosolites et les Riedones, des renforts gaulois attendus par Vercingétorix à Alésia.

En centre Bretagne, deux centres de pouvoir importants co-existent à la fin de l'indépendance gauloise : le camp fortifié aristocratique de Saint-Symphorien à Paule, Côtes d'Armor (fouillé dans les années 1990 et 2000 par Y. Menez) et l’oppidum du "camp d'Arthus" à Huelgoat (un habitat fortifié de hauteur, fouillé dans les années 1930 par W. Mortimer). 

Auguste, premier empereur de Rome, réforme et réorganise les territoires conquis par son père adoptif, Jules César. Les deux anciens centre de pouvoir de Paule et du Huelgoat sont désertés au profit de Vorgium, ville nouvelle érigée en chef-lieu de civitas. 

Le même processus a lieu partout en Gaule, et notamment dans la péninsule armoricaine avec la fondation des villes de Fanum Martis (Corseul), de Darioritum (Vannes), de Condate (Rennes) et de Condevincnum respectivement chez les Coriosolites, les Vénètes, les Riedones et les Namnètes. Les Osismes, comme tous les peuples gaulois, vont peu à peu se romaniser. Cette syncrétisation donne naissance à la civlisation que les historiens ont appelée gallo-romaine. Ce sont les notables gaulois rapidement romanisés qui vont faire de Vorgium une vitrine de la romanité, emmenant avec eux le reste de la population.

Le territoire des Osismes est un territoire très riche : il faut signaler les nombreuses mines de plomb argentifère et d’étain ainsi que les importantes carrières de granit, dont celle de Locuon qui a alimenté Vorgium en pierre de construction. En plus de la richesse présente dans le sous-sol, les Osismes disposent d’une activité côtière florissante. À Douarnenez se trouvait une intense activité de pêche et de transformation : des usines de salaison et des bacs de cuves retrouvés témoignent de la production et du commerce du garum, une sorte de sauce de poissons macérés dont les Romains étaient très friands.