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Les Osismes

Une peuplade gauloise du bout du monde...

Qui étaient-ils vraiment ?

Les Osismes étaient un peuple gaulois vivant à l’ouest de la péninsule Armoricaine. Ils partagent le territoire de la future Bretagne avec trois autres peuples : les Vénètes, les Coriosolites et les Riédones. La première mention du peuple osisme nous est donnée par Strabon, géographe romain du Ier siècle avant J.C. Par la suite, les Osismes apparaissent dans la Guerre des Gaules relatée par César. Selon ce dernier, ils auraient pris part à la révolte des Vénètes, écrasée en -56 par l’armée romaine au cours d’une bataille navale au large de Quiberon, à l'entrée du Golfe du Morbihan. Ils faisaient également partie, avec les Coriosolites et les Riedones, des renforts gaulois attendus par Vercingétorix à Alésia.

À la suite de la réorganisation du territoire par Auguste, les Osismes voient leur centre de pouvoir se déplacer de Paule, dont l’oppidum gaulois (un habitat fortifié) était basé à Saint-Symphorien, à Vorgium, ville nouvelle érigée en chef-lieu de civitas. Le même processus a lieu pour les autres peuples de la péninsule armoricaine : le centre de pouvoir des Coriosolites est déplacé d’Alet à Fanum Martis (Corseul), Darioritum (Vannes) est fondée chez les Vénètes et Condate (Rennes) chez les Riedones. Les Osismes, comme tous les peuples gaulois, vont peu à peu se romaniser. Cette syncrétisation donne naissance à une civlisation nouvelle, que les historiens ont appelée gallo-romaine. Ce sont ces notables gaulois romanisés qui vont faire de Vorgium une vitrine de la romanisation, notamment en appliquant et en adaptant l’urbanisme romain.

Le territoire des Osismes est un territoire très riche : il faut signaler les nombreuses mines de plomb argentifère et d’étain ainsi que les importantes carrières de granit, dont celle de Locuon qui a alimenté Vorgium en pierre de construction. En plus de la richesse présente dans le sous-sol, les Osismes disposent d’une activité côtière florissante. À Douarnenez se trouvait une intense activité de pêche et de transformation : des usines de salaison et des bacs de cuves retrouvés témoignent de la production et du commerce du garum, une sorte de sauce de poissons macérés dont les Romains étaient très friands.