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Les fouilles de la Réserve archéologique

En 1996, le terrain rue du Docteur Menguy est racheté par la municipalité suite à la fermeture de l’entreprise Le Mana’ch, négociants en vin. Il n'en reste aujourdh'ui que les halles de stockage, visibles dans le jardin archéologique.

Le projet était d'y construire un centre culturel, l'actuel Glenmor. Le terrain, situé sur une zone archéologique sensible, doit faire l'objet de sondages préalable. La zone est en effet considérée comme "sensible" sur la carte archéologique de la ville, document urbanistique répertoriant les secteurs où tout projet d’aménagement affectant les sous-sols doivt faire l’objet de fouilles préalablement à leur réalisation, sur avis du Conservateur Régional de l’Archéologie. 

Les sondages réalisés, sous la direction de Dominique Pouille, archéologue à l'INRAP, révèlent rapidement l'important potentiel du terrain. La commune décide alors de déplacer le projet de centre culturel à son emplacement actuel, boulevard Jean Moulin. Des fouilles programmées sont lancées sur la parcelle. Elle se tiendront chaque année, de 2000 à 2007.

La zone fouillée atteint 4075m² fin 2007. Il s'agit d'une des plus vastes opérations d’archéologie urbaine de la région. Sous la direction de deux archéologues de l'Inrap, Gaëtan le Cloirec, responsable d'opération, et de Françoise Labaune, céramologue, les fouilleurs mettront au jour un quartier du IIIe siècle ap. J.-C., témoin de l’organisation urbaine et de la vie d’une capitale de cité à l’époque gallo-romaine. 

Ce quartier se serait développé de part et d’autre d’une rue que l’on appelle decumanus (grande voie romaine axée est/ouest). Les archéologues ont découvert sept bâtiments : deux côtés nord-ouest du site (près de la fontaine) ; un coté nord-est (à l’emplacement du centre d’interprétation) ; deux au sud-ouest de la voie (les mieux fouillés et mis en valeur sur le site) ; les deux derniers se situent au sud sud-est de la voie (bien en retrait et non mis en valeur). On peut distinguer plusieurs phases d’occupation de ce quartier entre le Ier et le IVe siècle ap. J.C., visibles grâce à l’usure et aux différents empierrements de la voie.

La fouille de la réserve archéologique a surtout permis de mettre à jour deux beaux exemples de maisons (domus) assez luxueuses possédant tout le confort nécessaire au bien-être de ces habitants : le chauffage au sol grâce au système d’hypocauste, une salle de réception (triclinium), l’eau courante et même des thermes privés. Divers mobiliers ont pu être découverts, étudiés et conservés au dépôt du Centre Départemental d’Archéologie du Faou : clous de porte, boutons de vêtement, fibules, monnaies, bagues, manche de miroir, stylet, clés, dés à jouer en os, etc.