Le cairn de Goasseac'h, l'archéologie en chantier

Vorgium vous ouvre les portes de ce site néolithique unique en Centre-Bretagne, dont la fouille se poursuit chaque été.

Remonter le temps avec les archéologues 

Initiées en 2019, des recherches archéologiques sont menées tous les ans en août sur le cairn néolithique de Goasseac’h, à quelques centaines de mètres du centre-ville de Carhaix. Des archéologues bénévoles venus de plusieurs pays participent à l’étude d'un vaste monument funéraire exceptionnellement préservé, malgré son grand âge : 7 millénaires ! 

Dans le cadre de sa programmation annuelle, le centre d'interprétation Vorgium propose des visites guidées par un archéologue et une journée portes-ouvertes avec de nombreuses animations tout public, dans le cadre des Rencontres préhistoriques de Bretagne.

Le programme 2022 sera communiqué au début de l'été : alors restez branchés !

6500 ans d'histoire

Maison Néolithique type "danubienne" (Laurent Juhel, Inrap)

La « révolution Néolithique »

Au début du 5ème millénaire av. n.-è., dans l’ouest de la France, l’Humanité se sédentarise et développe l’agriculture et l’élevage : c’est la « révolution Néolithique ». Les populations augmentent, s’organisent en sociétés, commercent. Des inégalités sociales apparaissent et une élite prend le pouvoir. Le mégalithisme, qui se développe partout à différents endroits du monde et particulièrement en Bretagne, en témoigne.

 

Les élites sont en effet à associer aux grands monuments funéraires, dont la construction nécessite une main d’œuvre nombreuse. Le ou les défunts y étaient déposés au fond de chambres funéraires précédées de couloirs construits en grosses dalles de granite, que l'on appelle dolmen

Le monument était ensuite recouvert par un tumulus, butte édifiée en terre (« tertre ») ou en pierre (« cairn »). Un cairn peut contenir plusieurs dolmens, être réaménagé et agrandi au fil du temps. 

A Goasseac’h, où le granit est inaccessible, les murs et les voûtes des chambres sont montés en pierres sèches, à l'instar  du grand cairn de Barnenez. Les constructeurs du Néolithique ont extrait leurs matériaux à quelques mètres du cairn, en exploitant des carrières de grès schisteux : le grauwake. 


De la découverte à la fouille : près de 30 ans !

Repérée dans les années 1990, « l’anomalie topographique » de Goasseac’h est longtemps restée un mystère pour les archéologues. Une récupération récente de pierres perturbe l’organisation interne dans la partie nord du cairn. La partie sud est en revanche mieux préservée. Au moins trois chambres funéraires y sont attestées, et la poursuite des fouilles en révélera certainement d’autres considérant les dimensions du monument : près de 90 m de long, 10 à 15 m de large, l’un des plus grands d’Europe.

Découvert sous l’effondrement d’une voûte, un gobelet en céramique type campaniforme (-2500/-2200) nous indique que le monument est resté fréquenté durant tout le Néolithique.

Cette première campagne de fouille triennale (2020-2022) a pour but de documenter la construction du cairn, de comprendre son architecture et son évolution dans le temps ; à le replacer dans son contexte local (paysage, habitats, carrières) et régional, celui de l’émergence d’architectures mégalithiques au 5ème millénaire av. n.-è., à la fois près des côtes et au centre de la Bretagne, où les découvertes de ce type sont très rares.

La campagne 2021 s'est attachée particulièrement à l’exploration d’une carrière et au dégagement du tiers sud du cairn, afin d'en caractériser l’architecture, le nombre de chambres funéraires et leurs états de conservation. 

Les recherches bénéficient des soutiens financier et technique du Ministère de la Culture, du Département du Finistère, de Poher Communauté et de la Ville de Carhaix.

Le site a été racheté en 2021 par Poher Communauté, avec le soutien financier du Ministère de la culture et du Conseil départemental du Finistère. L'objectif de cette acquisition est de pérenniser les recherches et, à moyen terme, de le rendre accessible et d'assurer la médiation du site en s'appuyant sur les compétences du Centre d'interprétation archéologique virtuel Vorgium.