Un monument du Néolithique : le cairn de Goasseac'h à Carhaix

Chaque été, suivez la fouille d'un site archéologique hors norme
avec le centre d'interprétation Vorgium

Un chantier unique en Bretagne

Initiées en 2019, les recherches archéologiques sur le site du cairn de Goasseac’h à Carhaix se poursuivent chaque année. Sous la direction de Florian Cousseau (Université de Genève / CNRS Creaah), les archéologues bénévoles venus de plusieurs pays participent à l’étude d'un vaste monument funéraire datant d’environ 6500 ans, l’un des plus grands d’Europe !

Dans le cadre de sa saison culturelle, le centre d'interprétation Vorgium propose au public des visites du site archéologique chaque été.

En 2021, pas moins de 14 visites guidées et 2 portes-ouvertes sont organisées courant Août ! >> Cliquez-ici pour découvrir le programme
Maison Néolithique type "danubienne" (Laurent Juhel, Inrap)

La révolution Néolithique

Au 5ème millénaire av. n.-è., dans l’ouest de la France, l’Humanité se sédentarise et développe l’agriculture et l’élevage : c’est la « révolution Néolithique ». Les populations augmentent, s’organisent en sociétés, commercent. Des inégalités sociales apparaissent et une élite prend le pouvoir. Le mégalithisme, qui se développe partout à différents endroits du monde et particulièrement en Bretagne, en témoigne.

 

Les élites sont en effet à associer aux grands monuments funéraires, dont la construction nécessite une main d’œuvre nombreuse. Le ou les défunts y étaient déposés au fond de chambres funéraires précédées de couloirs construits en grosses dalles de granite, que l'on appelle dolmen

A Goasseac’h, où le granite est inaccessible, les murs et les voûtes sont montés en pierres sèches en grauwake local. Le monument était ensuite recouvert par un tumulus, butte édifiée en terre (« tertre ») ou en pierre (« cairn »). Un cairn peut contenir plusieurs dolmens, être réaménagé et agrandi au fil du temps.


De la découverte à la fouille : près de 30 ans !

Repérée dans les années 1990, « l’anomalie topographique » de Goasseac’h est longtemps restée un mystère pour les archéologues. Une récupération récente de pierres perturbe l’organisation interne dans la partie nord du cairn. La partie sud est en revanche mieux préservée. Au moins trois chambres funéraires y sont attestées, et la poursuite des fouilles en révélera certainement d’autres considérant les dimensions du monument : près de 90 m de long, 10 à 15 m de large, l’un des plus grands d’Europe.

Découvert sous l’effondrement d’une voûte, un gobelet en céramique type campaniforme (-2500/-2200) nous indique que le monument est resté fréquenté pendant tout le Néolithique.

La campagne de fouille triennale 2020-2022 a pour but de documenter la construction du cairn, comprendre son architecture et son évolution dans le temps ; à le replacer dans son environnement local (paysage, habitats, carrières) et dans un contexte régional, celui de l’émergence d’architectures mégalithiques au 5ème millénaire av. n.-è., à la fois près des côtes et au centre de la Bretagne, où les découvertes de ce type sont encore très rares.

La campagne 2021 s'attache particulièrement à l’exploration d’une carrière de pierres de construction et au dégagement d’une large zone au sud afin d’en caractériser l’architecture et le nombre de chambres funéraires existantes. 


Les recherches bénéficient des soutiens financier et technique du Ministère de la Culture, du Département du Finistère, de Poher Communauté et de la Ville de Carhaix.